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Cross-country : les Mondiaux 2010 au Mont-Sainte-Anne

Les épreuves · · Publié le 2026-11-04

Portion du parcours de cross-country balisée en forêt au Mont-Sainte-Anne pendant les Mondiaux 2010
Le parcours de cross-country des Mondiaux 2010. Photo : Nsheard, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le cross-country olympique est la discipline reine des championnats du monde de VTT : c'est elle qui ouvre le programme, elle qui réunit le plus de nations et elle qui donne les titres les plus suivis. Au Mont-Sainte-Anne, en septembre 2010, sept titres ont été décernés en quatre jours, du relais par équipes nationales aux élites.

Le format : une boucle de départ, puis des tours

Une course de cross-country olympique (XCO) se dispute en ligne, départ groupé, sur un circuit de quelques kilomètres répété plusieurs fois. Les coureurs partent par grille, rangés selon leur classement UCI, ce qui donne aux mieux classés un avantage net dans la première montée. Pour étirer le peloton avant l'entrée en forêt, les organisateurs ajoutent souvent une « boucle de départ » plus courte, parcourue une seule fois.

Les feuilles de résultats officielles de 2010 donnent les distances retenues pour chaque catégorie :

CatégorieDateFormatDistance
Relais par équipesmercredi 1er septembre4 relayeurs18,4 km
Moins de 23 ans femmesjeudi 2 septembreboucle + 4 tours21,4 km
Juniors hommesvendredi 3 septembreboucle + 5 tours26,0 km
Moins de 23 ans hommesvendredi 3 septembreboucle + 6 tours30,6 km
Élite femmessamedi 4 septembreboucle + 5 tours26,0 km
Élite hommessamedi 4 septembreboucle + 6 tours33,0 km

La course des juniors femmes, elle, a ouvert les championnats le 1er septembre, le même jour que le relais.

Un parcours de station de ski

Le Mont-Sainte-Anne n'est pas un site construit pour l'occasion. Le cross-country s'y dispute depuis le début des années 1990 sur les pentes et dans les sous-bois de la station, autour de la base des remontées.Le tracé combine des montées sur chemins de service, des sentiers étroits dans la forêt boréale mixte, beaucoup de racines et de roches, et des descentes techniques qui ont la réputation d'être glissantes dès que la pluie s'en mêle. Les moyennes horaires relevées en 2010 le disent mieux qu'une description : un peu plus de 17,6 km/h pour le vainqueur élite hommes, autour de 14,4 km/h chez les élites femmes. Sur un circuit roulant de plaine, ces chiffres dépassent facilement 20 km/h.

Les titres élites : Hermida et Włoszczowska

Chez les hommes, l'Espagnol José Antonio Hermida a remporté le titre devant le Tchèque Jaroslav Kulhavý et le Sud-Africain Burry Stander. Le Suisse Nino Schurter, champion sortant et vainqueur de la Coupe du monde cette saison-là, a terminé quatrième, devant le Français Julien Absalon. Le meilleur Canadien, Geoff Kabush, s'est classé huitième.

Chez les femmes, la Polonaise Maja Włoszczowska s'est imposée devant la Russe Irina Kalentieva, titrée l'année précédente à Canberra, et l'Américaine Willow Koerber. La Canadienne Catharine Pendrel a pris la quatrième place, celle que personne n'aime ; sa compatriote Marie-Hélène Prémont a fini neuvième.

Les espoirs et les juniors

La catégorie des moins de 23 ans hommes a tourné au triplé suisse : Mathias Flückiger, Thomas Litscher et Patrik Gallati. Chez les femmes de la même catégorie, la Suédoise Alexandra Engen, deuxième en 2009, a gagné devant la Britannique Annie Last et la Polonaise Paula Gorycka ; la Canadienne Emily Batty a fini cinquième.

Chez les juniors, le Néerlandais Michiel van der Heijden a dominé la course des garçons. Celle des filles est revenue à la Française Pauline Ferrand-Prévot, qui conservait ainsi son titre de 2009 ; elle deviendra plus tard championne du monde élite dans plusieurs disciplines, sur route comme en VTT.

Le relais, une spécialité de nations

Le relais par équipes, introduit aux championnats du monde en 1999, oblige chaque pays à aligner quatre coureurs de catégories différentes : un élite homme, une élite femme, un moins de 23 ans et un junior. En 2010, la Suisse (Litscher, Walder, Leumann, Naef) l'a emporté en 1 h 06 min devant l'Allemagne, à 18 secondes, et la République tchèque. Cette course courte et nerveuse donne une bonne mesure de la profondeur d'un pays : une nation qui n'a qu'un leader ne peut pas y briller.

Le classement par nations

En plus des titres individuels, chaque course donnait lieu à un classement par nations, qui additionne les points des trois coureurs les mieux placés de chaque pays. Chez les élites hommes, l'Espagne est passée devant la Suisse et la France ; chez les élites femmes, les États-Unis ont pris la tête sans avoir la championne, grâce à trois coureuses dans les quinze premières. Le Canada, pays hôte, figurait parmi les trois premières nations chez les juniors femmes, les juniors hommes et les moins de 23 ans femmes, signe d'une génération qui arrivait.

Nous avons rédigé des fiches PDF de synthèse pour chacune de ces courses (podium, distance, classement des nations), accessibles depuis la version anglaise de cette page.

Ce qu'il en reste

Le cross-country 2010 s'est couru dans une période charnière, deux ans avant les Jeux de Londres, avec des vélos de 26 pouces encore majoritaires. Les grandes roues de 29 pouces ne s'imposeront qu'après. Le Mont-Sainte-Anne a gardé sa place au calendrier de la Coupe du monde et a de nouveau accueilli les championnats du monde en 2019, ce qui en fait l'un des rares sites à les avoir reçus trois fois.

Sources