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Un événement de plein air plus vert : ce qui marche vraiment

Coulisses · · Publié le 2026-11-04

Éoliennes sur une crête boisée de la Seigneurie de la Côte-de-Beaupré
Éoliennes sur les hauteurs de la Seigneurie de la Côte-de-Beaupré. Photo : P. Davignon, CC0, via Wikimedia Commons.

En 2010, les championnats du monde du Mont-Sainte-Anne affichaient une politique environnementale assortie d'un plan d'action : covoiturage, gestion des matières résiduelles, matériaux locaux, sensibilisation. Seize ans plus tard, ce type d'engagement est devenu courant. La question n'est plus de savoir s'il faut en avoir un, mais ce qui fait vraiment la différence.

Le transport, premier poste d'émissions

Pour un événement sportif de plein air, la plus grande part de l'empreinte carbone vient presque toujours des déplacements : ceux des spectateurs, des équipes et des médias. Les études sur les grands événements le confirment de façon constante, loin devant l'énergie consommée sur place ou les déchets. Pour un site comme le Mont-Sainte-Anne, à 40 kilomètres de Québec et mal desservi en transport en commun, la voiture individuelle domine.

Les leviers sont connus : navettes depuis la ville ou des stationnements périphériques, covoiturage organisé (en 2010, l'organisation en faisait la promotion à travers une plateforme dédiée), billets combinés transport et entrée, stationnement payant ou limité pour décourager les voitures avec une seule personne. Les déplacements internationaux des équipes sont, eux, largement hors de portée de l'organisateur local.

Les déchets et la vaisselle

C'est la partie la plus visible et souvent la mieux maîtrisée. Les mesures qui fonctionnent : îlots de tri à trois voies (recyclage, compost, déchets) tenus par des bénévoles, vaisselle réutilisable avec consigne, interdiction des bouteilles d'eau en plastique au profit de stations de remplissage, exigences imposées aux concessionnaires alimentaires. Un îlot de tri sans personne pour guider le public donne des résultats médiocres : le bénévolat environnemental fait vraiment la différence.

Matériaux et infrastructures

Les structures temporaires (podiums, tribunes, ponts de bois sur les parcours, signalisation) représentent beaucoup de matériaux pour quelques jours d'usage. En 2010, l'organisation mettait en avant l'emploi de bois québécois pour certaines infrastructures. La bonne pratique consiste à louer plutôt qu'acheter, à concevoir des éléments réutilisables d'une édition à l'autre et à prévoir dès le départ la seconde vie de ce qui est construit.

Les sentiers et la forêt

Un parcours de VTT emprunté par des centaines de coureurs et des milliers de spectateurs subit une érosion importante. Une démarche sérieuse prévoit le drainage des passages humides, la protection des racines exposées, la canalisation du public pour éviter le piétinement de la végétation, puis la remise en état après l'événement. Les sentiers améliorés pour une course profitent ensuite aux pratiquants locaux : c'est l'un des héritages les plus concrets d'un championnat.

Mesurer et rendre compte

Sans mesure, une politique environnementale reste une déclaration. Les événements les plus crédibles publient après coup quelques indicateurs simples : part des spectateurs venus en navette ou en covoiturage, taux de détournement des déchets, quantité d'eau distribuée sans bouteilles. Au Québec, la norme BNQ 9700-253 sur la gestion responsable d'événements fournit un cadre reconnu, avec plusieurs niveaux de certification.

Se méfier des compensations faciles

Beaucoup d'événements annoncent leur « carboneutralité » grâce à l'achat de crédits compensatoires. Ces crédits sont de qualité très variable, et leur achat ne réduit pas les émissions réelles de l'événement. Une démarche honnête commence par réduire, explique ce qui reste et présente la compensation comme un complément, pas comme une solution.

Ce que peut faire un spectateur

Voir aussi notre page sur les postes de bénévoles, dont ceux consacrés à l'environnement.

Sources