1998, 2010, 2019 : le Mont-Sainte-Anne et les championnats du monde

Peu de sites ont accueilli trois fois les championnats du monde de vélo de montagne. Le Mont-Sainte-Anne l'a fait en 1998, en 2010 et en 2019. Pour comprendre l'édition 2010, celle que ce site raconte, il faut remonter au tout début de la discipline.
Une station de ski qui s'ouvre au vélo
Le Mont-Sainte-Anne est d'abord une station de ski alpin, ouverte en janvier 1966 sur le territoire de Beaupré, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Québec. Le gouvernement du Québec en prend possession en 1970 et en fait un parc, avant de confier sa gestion à la Sépaq puis de le privatiser dans les années 1990. La montagne culmine à 803 mètres pour 625 mètres de dénivelé, une configuration idéale pour la descente comme pour le cross-country, avec de longues montées sur chemins de service et un réseau de sentiers en forêt.
Quand l'Union cycliste internationale lance les premiers championnats du monde officiels de VTT, à Durango (Colorado) en 1990, puis une Coupe du monde, le Mont-Sainte-Anne fait partie des premiers sites retenus. Il accueille une manche dès 1991 et ne quittera presque plus le calendrier. Le Canada, qui organise aussi les championnats du monde de 1992 à Bromont, devient l'un des pays phares de ce sport naissant.
1998 : la première fois
Les championnats du monde se tiennent pour la première fois au Mont-Sainte-Anne du 14 au 20 septembre 1998. C'est une édition très française : Christophe Dupouey et Laurence Leboucher gagnent le cross-country, Nicolas Vouilloz et Anne-Caroline Chausson la descente. La Canadienne Alison Sydor prend le bronze en cross-country. Le programme ne compte alors que deux disciplines ; le relais apparaît l'année suivante, le slalom parallèle en 2000, le 4-cross en 2002.
2010 : un championnat combiné et une fête de trois semaines
Douze ans plus tard, la montagne reçoit la 21e édition, du 1er au 5 septembre 2010. Entre-temps, le programme a beaucoup grossi : treize titres de VTT (cross-country dans six catégories plus le relais, descente élite et juniors, 4-cross) et six titres de trial, puisque les deux championnats sont alors organisés ensemble. L'événement est précédé d'une présentation officielle des équipes nationales dans le centre-ville de Québec, le 31 août.
Autour des finales, les organisateurs construisent un programme de trois semaines, du 14 août au 5 septembre : championnats québécois de descente et de cross-country, courses populaires, raid sur la Côte-de-Beaupré, épreuves pour enfants et spectacles en soirée. L'idée, courante pour les grands événements, est d'étendre la fréquentation au-delà des seuls jours de compétition internationale et d'impliquer les cyclistes de la région. Nous détaillons ce calendrier dans notre page sur le programme.
Sur le plan sportif, l'édition 2010 est marquée par les titres de José Antonio Hermida et de Maja Włoszczowska en cross-country, de Sam Hill et de Tracy Moseley en descente, par la domination espagnole en trial et par deux médailles canadiennes en descente, l'argent de Steve Smith et l'or junior de Lauren Rosser. Tous les podiums sont réunis sur notre page de résultats.
Ce qu'un championnat demande à une région
Un championnat du monde n'est pas une Coupe du monde agrandie. Les coureurs y viennent en équipes nationales et non en équipes de marques, toutes les catégories d'âge sont présentes, et le maillot arc-en-ciel se porte ensuite toute une saison. Pour l'organisation locale, cela signifie davantage d'athlètes à loger, davantage de délégations à accueillir, une couverture télévisée plus large et un besoin de bénévoles bien supérieur. Nos pages sur le bénévolat, l'hébergement et la démarche environnementale reviennent sur ces aspects.
2019 : la troisième
Le Mont-Sainte-Anne a de nouveau accueilli les championnats du monde du 28 août au 1er septembre 2019, cette fois sans le trial, passé aux championnats de cyclisme urbain. Un détail relie les deux éditions : Pauline Ferrand-Prévot, championne du monde junior de cross-country en 2010 sur ces pentes, y a remporté le titre élite neuf ans plus tard. Nino Schurter, quatrième en 2010, s'y est imposé chez les hommes ; Loïc Bruni et Myriam Nicole ont gagné la descente.
Un site encore actif
La station a connu des années plus difficiles, notamment un incident de télécabine en décembre 2022 qui a entraîné près de quatre mois de fermeture de l'appareil. Elle reste néanmoins un lieu de référence pour le vélo de montagne dans l'Est du Canada, avec ses sentiers de cross-country, sa piste de descente historique et un public habitué aux grandes courses.
Sources
- Wikipédia (fr), « Mont-Sainte-Anne » : ouverture en 1966, altitude, dénivelé, propriétaires successifs, Coupe du monde depuis 1991, télécabine en 2022.
- Wikipédia (en), « UCI Mountain Bike World Championships » : villes hôtes, création du relais, du slalom parallèle et du 4-cross.
- Wikipédia (en), « 1998 UCI Mountain Bike World Championships », « 2010 UCI Mountain Bike & Trials World Championships » et « 2019 UCI Mountain Bike World Championships » : dates et podiums.